Historique

1-Le-Caveau-des-Oubliettes » Une trappe s’ouvrait sous les pieds du criminel qui était alors précipité dans l’oubliette « 

Le Caveau des Oubliettes a une histoire impressionnante. Prison étrange et terrible, considérée comme une branche de la prison du Châtelet, le caveau fut créé au XIIe siècle par Philippe Auguste II (1165—1223). A l’époque, elle était la prison particulière de Sa Majesté le Roi.

Philippe Auguste, parfois surnommé le borgne, qui gouverna la France pendant 43 ans (1170—1223), fut un «collectionneur» de terres ainsi qu’un urbaniste et augmenta le pouvoir royal que ce soit sur la capitale ou sur la campagne. Sous le règne du borgne, fut fondée une chancellerie puissante et secrète afin d’identifier les ennemis de la couronne. Pour ces derniers fut construit, ou plutôt creusé, le redouté Caveau des Oubliettes situé en dessous du niveau de la Seine. On pouvait y trouver des prisonniers placés pour les crimes les plus graves : ceux qui avaient porté atteinte à la couronne royale, à la trésorerie ou étaient accusés de magie noire, ou encore ceux s’étant attaqués à des personnes de sang royal.

le-caveau-des-oubliettesUne trappe s’ouvrait alors sous les pieds du criminel qui était précipité dans l’oubliette. Il n’y avait pas de cellules au sens habituel du terme. Au lieu de cela, des grilles étaient encastrées dans les parois des voûtes à des angles improbables, de sorte qu’il soit impossible de se redresser. Recroquevillés, les prisonniers misérables attendaient leur dernière heure sans savoir quand elle viendrait. En effet, ceux-ci étaient jetés dans le Caveau des Oubliettes sans procès, et par conséquent, pour une période indéterminée. Personne ne savait exactement quand les vannes seraient ouvertes et les prisonniers simplement submergés par les eaux froides de la Seine toute proche.

Transformé ensuite en cabaret, le Caveau des Oubliettes accueillait les visiteurs frissonnants avec des cages de fer contenant des crânes de l’époque affichant des sourires jaunes et édentés. Le long d’un corridor voûté, la salle de garde fut transformée en une salle de concert. Dans cette salle meublée de bancs et de tables en chêne sculpté, des serveuses en bonnets de dentelles et jupes brodées accueillaient les visiteurs avec de l’hydromel. Sur la scène, à une place d’honneur, la décoration principale était une véritable ceinture de chasteté. Cette « gardienne de la chasteté » était utilisée par les croisés pour protéger leur honneur en entourant la taille et le bassin de leur épouse pendant qu’ils partaient à la conquête du Saint-Sépulcre.

Guillotine-Caveau-des-OubliettesLe cabaret était autrefois une sorte de musée de la torture, où les amateurs de sensations fortes pouvaient accéder directement à la salle des gardes par une porte étroite à côté du comptoir du bar.
Ce musée, installé dans un cachot, donnait accès aux catacombes de Paris. On pouvait trouver dans ce musée de la torture des chaises dentées, des chevalets, des tisonniers ainsi qu’une variété de pinces et autres outils effrayants faits pour déchirer la chair et accompagnés de leurs instructions détaillées.
Parmi les objets exposés, se démarquait un « théâtre de poupées » sur le thème de « crimes et châtiments ». Son créateur, évidemment un prisonnier repenti, fabriqua les scènes ainsi que les personnages avec de la chaux raclée des murs de son cachot.
La pièce maitresse de l’exposition était une guillotine « inoubliable » de 1793. L’invention révolutionnaire du bon docteur Guillotin qui fut surnommée par le peuple « la Veuve ».
La croyance voulait que celui qui touchait le bourreau ou ses armes finirait sur l’échafaud. Et dans les tavernes, l’aubergiste servait le bourreau en tournant sa main dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Le bourreau était considéré comme un paria. 
Les représentants de cette profession ne prenaient pour femme que les descendantes de familles de bourreau, et la position de bourreau était transmise de père en fils ou vers le mari de sa fille. Et le musée possédait l’arbre généalogique de la dynastie Sanson, lignée héréditaire de bourreau, ayant officié de 1688 à 1847. Lors de la révolution française, le bourreau de première classe, Charles-Henri Sanson exécuta Louis XVI ainsi que Marie-Antoinette. Son fils exécuta Robespierre, et Henri-Clément Sanson bourreau de la septième (et dernière) génération, fut renvoyé lors d’un scandale qu’il avait provoqué après avoir dans un moment difficile, volé la guillotine.

Fanny-89-3Aujourd’hui le musée des tortures est fermé, la guillotine du musée des tortures a été revendue et le lieu est devenu un bar à concerts et jam sessions. Le rez de chaussée est un pub ouvert à partir de 17h, et le caveau en sous-sol ouvre pour les concerts tous les soirs à partir de 22h.
Délibérément orienté vers un jazz moderne teinté de groove, soul, fusion, funk ou de blues, la programmation fait la part belle aux jam sessions les dimanches, mercredis et jeudis. Au fur et à mesure de la soirée, quand l’ambiance commence à prendre, de nombreux musiciens viennent se joindre aux meneurs des jams.
On a d’ailleurs pu y croiser Keziah Jones, Lucky Peterson ou encore Prince. Le Caveau des Oubliettes offre une ambiance intimiste à des concerts qui durent jusqu’à la fin de la nuit.

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